Notre demande de permis de travail ou le tour du poteau le plus raté de l'histoire.
Previously, dans « Jet J vont voir ailleurs », J obtenait son CAQ et son AMT après des mois de stress, une série de rebondissements de ouf, et beaucoup d’attente. C’est alors le moment que nous attendions depuis plus d’un an : la demande de nos permis de travail.
En termes d’intensité dramatique, là, on est un peu sur un saison final de Games of Throne. Voyez ? Donc je reprends :
L’entreprise de J nous conseille de ne pas faire la demande de permis de travail par courrier ou Internet, mais de faire directement le tour du poteau pour aller plus vite. Ils nous expliquent que pour ce faire, nous devons aller à la frontière avec CAQ, AMT, offre d’emploi, diplômes et passeport pour monsieur, et preuve de conjoint de fait pour moi, afin que son permis fermé m’ouvre un permis aussi. En apprenant cela, je me demande bien à quoi servent tous les autres papiers qu’on a rempli avant, mais bon, je suis loin d’être spécialiste en immigration, alors je ferme ma mouille.
Nous prenons alors la Dodge Grand Caravan, un Red bull, une chemise contenant environ 3 kg de papiers- soit toute notre vie- et nous rendons à St Bernard de Lacolle. Là évidement, comme on n’était pas assez stressés, on tombe sur un stagiaire aux douanes – très aimable mais surtout très méticuleux- et la file d’attente la plus longue du monde. Bref, au bout 2h, nous sommes dans les bureaux de l’immigration. Y’a du monde. Après seulement 10 minutes d’attente, un agent de l’immigration style militaire-à-la-coupe-courte-et-à-l’œil-vif-sur-la-retraite, regarde notre dossier d’un air dubitatif et nous demande de venir le voir. Quoi ? Déjà ? Pourquoi nous fait-il passer devant tout le monde ? Ça sent mauvais ça !
On arrive devant lui, et, consultant son ordinateur, il nous dit mi-informatif, mi-interrogatif :
« Vous avez déjà fait votre demande de permis ?
- Heuuuuu, on est la pour ça, justement, répond-on, un peu interloqués.
- Ok, mais vous avez déjà fait votre demande de permis, non ?
Là on est carrément perdus.
On ne comprend pas comment notre demande de permis peut déjà être faite selon lui, alors qu’on n’a envoyé aucune demande, préférant passer par la frontière comme cela nous avait été recommandé. A moins que… Et là, ça s’éclaire dans nos petites têtes. On a en effet rempli plein de documents (dont le formulaire de demande de permis) et payé des frais. Donc on réalise que peut-être, l’entreprise mandatée par l’employeur de J pour nous faciliter les démarches, a déjà demandé nos permis en plus du CAQ et AMT… et que nous n’avons juste pas été prévenus.
Un peu penauds, on explique cela à l’agent qui nous dit :
« Ok, c’est bien ce que je vois là. Par contre, je ne vous donne pas les permis. »
- Pourquooooooiiiii ???? demande-t-on au bord de la crise de nerfs.
- Parce qu’ils sont déjà partis par la poste il y a deux jours. Ils devraient être chez vous en début de semaine prochaine. »
Et là on est scotchés. Le monsieur nous dit qu’on a nos permis ? Pour vrai ? Valable deux ans ? Vrai de vrai ????
On remonte dans la voiture en se sentant un peu cons quand même, et, tout le long du retour, on oscille entre la joie de savoir qu’on a nos permis, et la trouille que, je ne sais pas moi, la poste fasse grève, mette le feu à une succursale et brule nos papiers.
On rentre à l’appart et on attend. Encore.
Et puis, le 22 juillet, après 4 jours à faire le siège de la boite aux lettres, nous recevons nos deux jolis permis. Pile le jour de la fin de mon PVT. Yeahhhhhhhhhhhhhhhh !

